* Thèmes
Ma page d'accueil
|
Chapitre 8 : Le Voyage
Azazel observa longuement le chemin parcouru par sa belle et se mit, lui aussi, en route. La dame de ses pensées alla expliquer à Roger qu'elle partait pour quelques jours. Erzebeth descendit les marches de la Taverne et vit Roger appuyé contre le comptoir : "- Alors belle ténébreuse, pourquoi toute cette agitation ? - Ah, justement je te cherchais. Je pars quelques jours avec Azazel. Mais ne t'inquiètes pas, je ne vous abandonne pas. - Avec Azazel le Héro dis-tu...? Une ballade en amoureux ? - Mais non, voyons ! Nous sommes de simples a... Connaissances." Roger Ricana, puis fini sa chopine : "- Alors pourquoi partir tous les deux ? Où allez-vous ? - Nul part. Tu devrais arrêter de boire hors du service Roger, tu bois déjà assez pendant ! - Ne changes pas de sujet jeune fille. Qu'allez-vous faire ? - Rien je te dis, ne t'inquiètes pas et arrêtes de me questionner. - Bien, bien. Je te préparerais un baluchon avec des provisions, évitons que tu meurs de faim. - Merci beaucoup Roger." Erzebeth déposa un baiser sur la joue du Tavernier, puis remonta dans sa chambre. Roger se reservit une chopine, inquiet. Azazel lui, était en route pour prévenir Elmar. Il ouvrit la porte de la Guilde, se plantant devant le vieil homme, toujours ancré dans son fauteuil. "- Ah tiens, le bel Héros de ses dames. Que veux-tu ? - Je venais te prévenir de mon départ. Je vais visiter la région, je reviendrais dans quelques temps. - La région ne fait que quelques kilomètres, j'espère que tu ne vas pas dépasser la limite des créatures. - Je saurais me défendre." Azazel rebroussa le chemin, puis rajouta une chose avant de sortir de la bâtisse : "- Ah, oui. J'interdis à quiconque de nous suivre, sous peine de ne pas rentrer indemne au village. - Nous ?" Le jeune homme ignora la question, puis se précipita dehors, soulagé de ne pas avoir dévoiler avec qui il ferait sa périlleuse aventure. Il vaguabondai dans le village, empruntant des armes par-ci, de la nourriture par-là. Quelques temps plus tard, il avait tout ce qu'il fallait pour Erzebeth et lui-même. Il resta pensif, les vêtements de voyage d'Erzebeth entre ses mains, puis se résigna à aller attendre sa belle au seuil de la Taverne. La jeune fille arriva, les cheveux encore mouillés dû au bain qu'elle venait de prendre, le livre entre ses bras, croisés sur sa poitrine. "- Je suis prête. - Bien, alors allons-y." Il s'inclina légèrement en avant ; "Les dames d'abord. - Ne fais pas de cinéma, tu es sensé ouvrir la marche pour qu'on évite de se faire tuer. - Bon, bon ! D'accord, je passerais devant vous. Mais avant tout, prenez ces quelques affaires pour vous, et ce baluchon ; Il contient peu nombre de provision mais cela nous suffira, je l'espère. Erzebeth prit l'armure légère et douce que lui tendait Azazel, puis le petit sac. L'homme se tourna distraitement, pour laisser le loisir à sa compagne d'enfiler le vêtement. Cette dernière le fît rapidement, balançant son capuchon sur sa tête. Il couvrait encore parfaitement ses yeux. Azazel se tourna finalement vers la jeune fille, un minuscule sourire vint à ses lèvres, puis il se reprit : "- Bien, partons maintenant. Je n'ai pas si sommeil que cela. J'espère que vous tiendrez la route. - Pour qui me prends-tu ? Bien sûr que je tiendrais !" Aucuns mots ne vint troubler cette phrase. Nos deux héros se mirent donc silencieusement en route. A la sortie du village, ils s'échangèrent un regard sérieux, pour la première fois ils allaient franchir la frontière des mondes, non sans appréhenssion. Du coin de l'oeil Azazel pu voir Elmar et Roger côte-à-côte, l'air inquiet. Qu'importe, le voyage allait commencer. Les jeunes gens entamèrent leur marche solenelle, passèrent le pont de Virgoth, et lancèrent un dernier aurevoir au village. Les premières heures furent bien mornes, sous un silence lourd et gênant, comme il en rêgnait si souvent entre eux. Ils franchirent la colline herbeuse, puis s'arrêtèrent quelques instants. La vue fît hoqueter Erzebeth. De leur perchoir, ils pouvaient apercevoir une grande partie de nuage de brume cachant tout le paysage. Ce n'était pas vraiment rassurant pour la suite. La jeune fille laissa échapper un baillement sonore, couvrant sa bouche de sa main. Azazel se retourna ; - "Vous avez sommeil ? Je peux mettre le campement ici, nous feront le plus dur demain." Erzebeth le regarda longuement, puis poussa un autre baillement - "C'est d'accord... - Je vous préviens que seulement que nous ne dormirons peu, il ne faut pas se mettre plus en retard." Azazel installa une peau de bête par terre, et sorti deux oreillers moelleux de son sac, plus une couverture chaude. Erzebeth ria légèrement "- Et que cache-tu d'autre sous tes jupons ? - Si vous saviez, cela vous passerais l'envie de voir" Le jeune homme émit un rire douceureux, avant de s'allonger et retirer ses bottes. Il leva la tête vers sa belle, en même temps qu'il défaisait les boutons de sa chemise. Erzebeth détourna brusquement le regard, enlevant son capuchon et son long manteau. Elle garda son armure légère, et s'installa à l'autre bout de leur lit improvisé. Elle prit un oreiller et à peine sa tête fut posé sur ce dernier, que le sommeil l'emportai déjà. Quand à Azazel, il la couvrit jusqu'aux épaules avec leur couverture. Il restai loin de la jeune fille, mais l'observa à la lueur de la Lune. Le mince filet de lumière iréelle argenté la rendait encore plus belle. Ses pensées divaguèrent, jusqu'à ce qu'il s'endorme, bercer de chaudes esperances. Il fut réveillé par un boucan digne des Enfers. Il se leva brusquement ; Le premier reflexe qu'il eut se fut de regarder si Erzebeth était encore là. A sa place, il ne trouva que du vide, la couverture en friche et l'oreiller déformer. La peur s'imisca dans ses veines ; L'adrénaline filait à toute allure. Sa tête fit le tour de leur petit camp, et tomba vite sur Erzebeth qui essaya de transporter une plâtrée d'herbes et fleurs diverses. Elle avait tribucher sur une pierre et était tombé sur leurs sacs ; Voilà la raison du vacarme. Azazel s'approchai d'elle, alors que la jeune fille se retourna, les larmes aux yeux et la peau rouge. Elle le regardai, silencieuse, au bord de la crise de larmes. Le jeune homme voulu poser sa main sur son épaule, mais elle recula et lui cria ; "- Je ne viendrais plus JAMAIS en voyage avec toi ! Regarde ça ! Regarde ma peau, des salletés d'insectes m'ont piquée, sucer le sang, et encore ! Je suis gentille !" Elle pointa son doigt sur l'endroit où elle dormait. Ce qu'Azazel n'avait pas remarqué avant, lui sauta aux yeux. De nombreux insectes gisaient à coté de la place d'Erzebeth, brûlés, carbonisés ou encore mort à cause de son sang. Azazel poussa un léger rire ironique "- Je dirais que ce sont eux qui sont à plaindre. - Tu es ignoble ! - Que faits-vous avec ces herbes ? - Je vais essayer à tout prit de me débarasser de ses boutons et ses plaques. - Il y a un moyen plus simple, vous savez, pourquoi vous abîmer les mains à écraser ses plantes ? - Je... Je ne peux pas le faire, je ne vois pas où je suis piquée... - Je veux bien vous le faire, à une seule condition ; La prochaine nuit, essayer de mettre une protection anti-insectes, et ne plus me faire peur comme vous l'avez fait. - D'accord, d'accord, si tu insiste." Azazel s'approcha de sa belle, qui s'assit sur leur lit. Il s'accroupit devant elle, et prit son visage entre ses mains. Il voulu regarder les yeux d'Erzebeth, mais celle-ci détourna le regard, les yeux mi-clos. La jeune fille attendait que ce moment passe, tordant ses doigts, nerveuse. Elle sentit une chaleur innonder son visage, et la sensation de picotement s'en aller. Déjà, elle ne sentait plus les piqures et les plaques. Elle ferma les yeux. La chaleur descendai jusqu'à son cou, ses bras, puis ses poignets, et enfin ses mains. Quand elle ouvrit les yeux, elle vit Azazel la regarder avec un sourire satisfait. "- Et voilà, votre beauté est restaurée. Ces tâches rouges ne vous allaient pas au teint." Son sourire disparu, et son air sérieux revint au galop. Il se releva et enfila ses bottes, puis sa chemise. Il replia la peau de bête et la couverture. "- Nous devons y aller, le soleil va bientôt se lever entièrement. Dépêchons-nous." Sans un mot, Erzebeth remit son long manteau et son capuchon, reprit son sac, et se posta au bout de la falaise, regardant l'espace arride. Non loin de la, comme par magie, une montagne nuageuse trônait, noires et maudites, ils devaient les traverser. Les pensées de la jeune fille furent mise à terme par Azazel. Il regardait la plaine basse à côté d'Erzebeth. Ils se lancèrent un regard encourageant. Ils se mirent en chemin, silencieux et respectueux. Le chemin fut d'un calme irréel, aucuns bruits ne pertubèrent leurs pensées, seul le clapement de leurs pas leur tenait compagnie. En une demi-journée, ils arrivèrent au pied de la Montagne ; ils entendèrent déjà les rires ignobles de gobelins, lointains, très lointains... Mais les oreilles d'Azazel étaient infaillibles. Le voyage aller commencer à être périlleux, le teritoire des monstres commencent ici. Azazel jeta un regard inquiet à Erzebeth, qui elle, tremblai légèrement, sans doute pas prête. Mais ils ne pouvaient plus reculer à présent. Ils s'enfoncèrent lentement dans le chemin sinueux de la montagne. En quelques heures, ils n'avaient parcouru que peu de distance, prenant en cause le vent puissant qui rêgnait entre ses roches. Pour pimenté leur periple, des gobelins les narguaient de loin, ou parfois leur sautaient dessus, essayant de les faire tomber ou de les mordres au sang. azazel fut mordu au bras, mais quand le Gobelin goûta son sang, il s'écroula et fut emporter par le vent, comme les autres. Erzebeth noua un bout de tissu sur la morsure du jeune homme. Ils continuèrent leur route, faisait face à des raffales glaciales. Des flocons de neige arrivèrent bientôt dans leur chemin. La route sinueuse devenait de plus en plus sombre, la neige et le vent brouillait totalement la vue. Erzebeth tomba à genoux, épuisée et blessée au visage par les flocons qui filaient à toute allure, les rendant coupants. Azazel la prit sur son dos. Le souffle chaud de la jeune fille sur sa nuque le faisait avancer, sans ça, il serait déjà mort de froid. Le temps s'amiliorait peu à peu, l'espoir d'arriver était enfin arrivé. Des cris résonnèrent dans les creux rocheux et 6 gobelins sautèrent sur Azazel. Un éclair blanc et une odeur de brûlé obligea le jeune homme à s'arrêter. Il sentit Erzebeth bouger ses mains. Le bruit de corps heurtant le sol arriva aux oreilles d'Azazel. Il regarda aux alentours et vit les Gobelins cramoisis, fumant. Il posa un baiser sur la main glacée d'Erzebeth en guise de remerciement, et reprit sa marche. La neige s'estompait, mais plus ils montaient, plus le temps se noirciçait, à croire que dans les hauteurs, jamais le jour ne pointait son nez. Le vent s'était calmé, et à présent seulement quelques flocons virevoltait ici et là. La température avait augmentée, Azazel décida de poser le campement un peu plus loin, dans une cavité rocheuse qu'il avait repérée. Sans faire tomber Erzebeth de ses épaules, il tira son sac de son dos et installa la peau de bête, puis posa la jeune fille dessus. Elle tremblait à forte secousse. Azazel sorti à toute vitesse la couverture de son sac et enroula Erzebeth dedans, puis reposa sa tête sur un oreiller. Il se contenta de la peau de bête tiède. Quelques heures passèrent, la fatigue se faisait de plus en plus sentir. Le jeune homme sorta un peu de nourriture du sac, et ils mangèrent ensemble, toujours silencieux. Des coups de tonnère se faisait entendre, plus très loin. Des eclairs éclairaient la petite cavité. Nos héros ne savaient pas si il faisait jour ou nuit, pas moyen de le savoir dans ces montagnes. Erzebeth prêta la moitié de la couverture chaude à Azazel, il sourit. Ils essayèrent de dormir, non que le sommeil leur manquait, mais le tonnère et les hurlements de bête empêchaient nos jeunes gens de dormir. La tension et l'appréhenssion aussi y faisait. La "nuit" passa... Les deux jeunes gens avaient passer une nuit horrible, Azazel était ankylosé, alors qu'Erzebeth avait veillé toute la nuit. Un filet de soleil les fit sourire, le petit matin était arrivé et l'atmosphère nuageuse semblait s'être dissipée. Azazel sorti se baigner dans les rayons du soleil se levant. Il regarda la route, dégagée de tout nuage. Il aperçut un chemin qui traversait le col. Il court voir sa belle. "- Erzebeth ! J'ai trouvé un chemin, nous devons vite y aller avant que la tempête revienne !" La jeune fille tourna sa tête vers le jeune homme et le regarda de ses yeux cernés. Elle se leva doucement et commença à remballer leurs affaires. Azazel examina le chemin, soulagé d'avoir trouvé la solution pour traverser ces montagnes. Erzebeth le rejoignit, fatiguée et démoralisée. Quand elle tourna la tête et vit le chemin tout tracé, un sourire se dessina sur ses lèvres. "- Tu avais raison, il y a un chemin ! Vite, qu'on sorte de ces maudites montagnes !" Erzebeth couru vers le chemin clair et bien dégagé, suivie de près par Azazel. Le chemin semble très facile, sans danger apparant. La jeune fille s'arrêta brusquement à l'orée du chemin. Azazel s'arrêta un peu après, surpris par le coup de frein de sa partenaire. "- Azazel... Je sens de la Magie ici, ce chemin n'est peut-être pas si sûr, regarde ! On dirait qu'il a été tracé pour nous ! - Ne vous en faite pas, je vous protège. N'allez pas jouer votre peureuse, venez." La jeune fille lança un regard peu amical à Azazel et avança tout de même, restant derrière lui. Le chemin descendait lentement le versan arrière de la Montagne, nos Héros l'empruntèrent, heureux de pouvoir enfin s'échapper de cet Enfer. Le temps s'éclairait de plus en plus, le soleil était déjà haut dans le ciel. Au bout de la longue descendante, ils apercevèrent une immense forêt dense et verdoyante. Ils se précipitèrent tout en bas de la Montagne et se sentirent soulagés. Erzebeth regardai la forêt en poussant quelques soupirs. Azazel souria bêtement en regardant la jeune fille. "- Tout va être plus facile maintenant, une petite marche dans les bois, rien de tel pour se remettre en forme ! - Tu oublie les insectes..." Ils rièrent tous les deux à coeur joie, jusqu'à en pleurer, un immense soulagement. Erzebeth se retourna, pour dire Adieu à cette maudite Montagne, alors que incrédule, elle se rendit compte que le chemin qu'ils avaient emprunté avait disparu... Elle reprit son sérieux. "- Je t'avais dis qu'il y avait quelque chose d'étrange, regarde." Azazel se retourna tout sourire, et fini par le perdre aussi rapidement que sa belle. Il fit face à la forêt, tentant d'oublier la disparition du chemin. "- De toutes manières, c'est par ici qu'il faut aller. Autant se mettre en chemin tout de suite." Sans plus de discussion, ils reprirent leur périple. Non loin de là, ils arrivèrent à l'orée de la forêt. Cela ressemblait plus à une jungle qu'à une forêt. Des lianes, des ronces et des herbes folles bloquaient totalement le chemin. Ils décidèrent de longer l'amas de verdure pour y trouver une entrée. Pendant des heures, ils firent le tour de la jungle. Partout, ils ne voyaient que la végétation trop dense pour s'y glisser. Azazel retenai ses nerfs depuis pas mal de temps, et fini par craquer. "- Nous ne pouvons même pas trouver une entrée ! Regardez moi ça !" Ses doigts blanchirent au fur et à mesure qu'il déblatera sa rage. D'un geste violent, il lança une boule de feu en direction de toute cette verdure qui l'empêchai d'atteindre son but. A sa grande surprise, la boule de feu n'enflamma pas les herbes mais disparue, comme absorbée. Un éclair apparut ensuite, éblouissant, il s'évanouit très vite en gerbes électriques. Toute cette mascarade se fit sans produire aucun bruit. Nos deux héros restèrent bouche-bée. Cette forêt était protégée par une barrière de protection magique. Les deux jeunes gens ne savaient plus quoi faire, ils furent complètement désemparés, découragés. Ils n'avaient pas suffisament de pouvoir pour briser ce sortilège. Perdus dans leurs pensées, ils ne voyèrent pas la créature ailée se poser près d'eux. Elle venait de sortir de la forêt et restait là à les observer sans un bruit. Elle ressemblait à une gargouille ; Elle était entièrement grise. De toutes évidences, cette créature était d'origine magique. Erzebeth leva son regard pour rencontrer celui de la créature, La jeune fille appelle aussitôt Azazel, qui était parti se calmer plus loin. Erzebeth lui fit signe de se préparer à attaquer cette créature si jamais elle montrait le moindre signe d'hostilité. Cette dernière n'attaqua pas : Elle se dirigea de nouveau vers la forêt et d'un mouvement de sa main, elle ouvrit un passage sphérique dans la végétation. Le passage s'élargit encore, prenant une couleur azure, nos deux jeunes gens plissèrent les yeux pour y voir. Tout était très flou à travers la bulle bleue. La gargouille regarda Azazel, puis Erzebeth. Elle fit un mouvement de la main, invitant nos deux Héros à la suivre, alors qu'elle empruntait déjà le chemin tout tracé. Erzebeth et Azazel se regardèrent un instant, échangeant un regard, et suivèrent la créature sans empressement. Ils se méfièrent et se demandèrent bien ce qu'on leur voulait. La traversée du passage fut quelque peu désagréable, la lumière bleutée se révèla être une sorte de liquide sentant le souffre et au toucher, une sensation désagréable de gelée se faisait sentir. Toutefois, la sensation disparut très rapidement. Sortis de cette gelée immonde, Erzebeth se secoua, dégoûté. Azazel, lui, avait les yeux rivés sur quelque chose. La jeune fille regarda dans la même direction ; Un paysage cauchemardesque s'offrait à eux. A la place de la forêt, si luxuriante, s'étendait désormais une plaine aride et sèche. Le sol était craquelé, poussièreux sur toute sa surface. Des arbres morts gîsaient un peu partout, quelques troncs tenaient encore debout, par quelconque miracle. Des créatures aux allures de démons et de rapaces volaient à faible altitude, semblant épier les moindres des mouvements des deux étrangers qui avaient osé pénétrer leur monde. Une tour, plus noire que l'ébène se dressait devant eux. Elle semblait si haute qu'elle pourrait soutenir la voute céleste. Devant cette vision, Erzebeth se serra contre Azazel, en observant longuement les rapaces volants. Le jeune homme fixait la Tour. Elle se tenait au milieu de ce paysage pourri et mort : C'était la demeure du Nécromancien. La gargouille était déjà loin devant eux. Elle continuait sa marche vers la tour, inlassablement, toujours à la même vitesse. Nos deux héros, peu rassurés, décidèrent de la suivre pour échapper à ce paysage de mort. Ils furent bien décidés à savoir enfin qui vit dans cette Tour, surtout en savoir plus sur ses intentions et mettre un terme à ses sinistres desseins. Erzebeth sentait une étrange aura la prendre au coeur, au fur et à mesure que la Tour grandissait devant ses yeux.
|
|
|
Chapitre 7 : Incendie
Erzebeth se réveilla en sueur, troublée par un horrible cauchemar : Elle était brûlée vive sur un bûcher. Elle se leva et alla se rafraichir dans sa bassine d'eau fraîche. La jeune fille soupira tout bas, affreusement choquée par ce rêve... Puis elle repensa à la cérémonie, à la main d'Azazel dans la sienne, à ses bras autour d'elle lors de la danse... Avait-il fait cela de son plein gré ? Ou n'était-ce que pour la fête... Elle resta quelques minutes épris de doute, ses yeux tristes pointés dans le vide, sans aucune expression. Erzebeth prit un léger linge et alla ouvrir sa fenêtre pour prendre l'air. Tandis qu'elle poussait les battants de la fenêtre, elle aperçut une lueur rougeâtre surplomblant l'ノglise. Elle s'habilla en hâte, intriguée, puis dévala l'escalier à toute allure. Arrivée au seuil de la Taverne, elle rencontra Azazel, pensif. "- Que fais-tu là Azazel ? - Bonjour Erzebeth... J'ai été réveillé par une chaleur étrange émanant de l'ノglise. Je crois que quelque chose d'inhabituel s'y déroule. - Cela m'a aussi réveillée. Si on allait voir ce qu'il s'y passe ? - Je n'aime pas les ノglises. Je préfère laisser les autochtones régler cette affaire. - Je n'apprécie pas non plus les bâtiments religieux et..." Elle fût interrompu par la cloche de l'ノglise, qui se mit à tinter à tout rompre. Les villageois sortirent de leurs demeures, encore en torpeur, alarmés par ce bruit annonciateur de catastrophes. Une voix s'éleva dans les airs : "- Il y a le feu ! L'ノglise est en feu ! Apportez de l'eau ! Vite !" Roger déboula de nulle part, puis attrapa les deux jeunes gens par le bras "- Allez les Héros, on a besoin de vous ! Venez nous aider à l'ノglise." Azazel retorqua : "- Pour ce qui est des incendies, je sais les déclencher, mais pour les éteindre..." Roger le regarda, interloqué : "- Allez on y va, il faut de l'aide. Vous êtes les Héros, vous ne pouvez pas rester les bras croisés ! Venez !" Erzebeth et Azazel suivirent Roger, nonchalamment. En chemin vers la bâtisse, ils croisèrent des villageois en panique, des enfants en pleurs et des femmes agenouillées. Une atmosphère chaotique règnait dans le petit village. En arrivant sur place, ils virent l'étendue des dégats : Pendant la nuit, le charnier s'était ravivé, les flammes avaient repris leur vigueur, venant lécher un des murs de l'ノglise, qui sous la chaleur, s'était embrasé. Le feu menaçait de brûler le toit, et si personne n'agissait, le village tout entier risquait de périr sous les flammes. Azazel et Erzebeth, devant ce spectacle, ne savaient que faire. Devaient-ils éteindre l'incendie malgré leur antipathie pour la religion ? Ou alors devaient-ils laisser le feu faire son œuvre ? Pendant que les deux jeunes gens réfléchissaient, les habitants s'activaient à éteindre le feu avec de petits seaux d'eau. Eau qu'ils tiraient du puits du village, encore décoré par la cérémonie de la veille. Erzebeth regarda Azazel, embêtée, ne sachant que faire. Pendant que les Héros regardaient les villageois s'affairer, Elmar les aperçut, se rendant compte qu'ils étaient inactifs devant le désastre, pensifs. Intrigué, il alla leur parler : "- Alors, nos deux Héros ne vont-ils pas sauver l'ノglise ?" Erzebeth, gênée, prit la parole : "- Nous n'aimons pas vraiment ce genre de bâtisse... Et encore moins la Religion. - Je n'éteindrais pas ce feu pour ma part, dit Azazel, d'un ton froid. - Allez, voyons ! Si vous ne faites pas cet effort, les habitants vont vous haïr au plus haut point, puis on vous retrouvera sûrement pendus haut et court sur la Grand Place. " Erzebeth fit une grimace, se tournant vers le feu "- Peut-être qu'on devrait effectivement éteindre ce feu... - Vous n'avez sûrement pas envie d'être bannis du royaume" dit Elmar en souriant. Azazel prit le bras de sa partenaire et se dirigea vers l'ノglise. Ils s'arrêtèrent devant, chassants les habitants qui se démenaient pour éteindre le brasier. "- RENTREZ TOUS CHEZ VOUS ! FERMEZ VOS PORTES ET VOS VOLETS ! QUE PERSONNE NE PUISSE VOIR L'EXTノRIEUR !" Azazel ne voulait en aucun cas que les villageois découvrent ses origines. Sur ces mots, tout le village rentra en sa demeure, se cloitrant comme un rat dans sa tanière. Cette pensée fit sourire le jeune homme, regardant l'ノglise tombée en ruine. "- Azazel... Nous devrions éteindre ceci au plus vite." Erzebeth le regardait, ses joues rougeâtres. "A-t-elle pris un coup de chaud à cause des flammes ? Pourquoi rougit-elle comme cela ?" Azazel secoua la tête, chassant ses divulgations. De son côté, Erzebeth était gênée. Elle essayait de se concentrer, pour essayer de trouver une solution. Mais le fait qu'Azazel n'ait pas encore lâché sa main l'intriguait. Elle le devisagea, secouant sa main pour se dégager. Azazel tourna la tête, l'air interrogateur, puis brisa le silence "- Je crois maintenant que vous savez ce que je suis... Alors vous ne serez pas surprise de me voir user de mes dons" Il murmura quelques mots inaudibles, immobile face aux flammes. Erzebeth en fit autant, sachant ce qu'il comptait faire, elle lui apporta un peu de ses pouvoirs. Un léger vent se fit sentir, puis une créature surgit d'une bourrasque. Elle était grande, chétive, horrible à regarder. Ses dents se plantaient dans son menton, de longues oreilles dépassaient d'une étrange chevelure. Son corps avait une morphologie humaine, mais seul son visage ne pouvait être regardé, sous peine de mourir de peur. Moloch, preux serviteur de Belzebuth. Erzebeth mit un genou à terre, Azazel l'imita. La jeune fille prononça quelques mots : "- Bienvenue à toi, le Farouche Moloch, quittant son idole, qu'a brûlée un feu dévorant; Sur elle un malheureux enfant ne redoute plus qu'on l'immole. En vain, les sectateurs de ce dieu, tout de sang sur la fournaise, encore l'appellent en dansant, de sa fuite à jamais le monde se console. Ô Démon, quand tu apparais, le ciel gronde et s'étouffe, de hauts vents se lèvent pour t'accueillir, cruelle image, titubante, de la damnation." Elle baissa la tête quelques secondes, puis se releva. Azazel fit de même, puis regarda Moloch : "- Serviteur, je t'ordonne à l'instant de faire rugir les vents les plus forts, autour de cette ノglise. Que le feu s'éclipse, chassé par tes pouvoirs." Un grondement se fit entendre, alors qu'un vent violent s'abattait sur l'ノglise. Nos deux jeunes gens virent les flammes diminuées, puis mourir. Moloch poussa un rire rauque, se tournant vers ses invoqueurs. Azazel s'inclina : "- Ô Démon, merci de ton travail. Tes Maitres sont fiers de toi, maintenant repars d'où tu viens." Erzebeth dit quelques mots dans un soupir, puis l'invocation s'envola. Un long silence resta entre les deux jeunes gens. Azazel prit la parole : "- Merci. Je ne pensais pas que les pouvoirs de ce Moloch me serait venu en aide sans vous. Vous m'aviez caché cette facette de votre personnalité. - N'en parlons plus, tu n'aurais même pas du le savoir." Azazel esquissa un sourire, prenant goût à la désinvolture de sa partenaire. Une voix s'élèva derrière eux : "- Les Héros ont réussit ! Gloire aux Héros !". C'était Elmar qui se tenait là, les bras croisés sur sa poitrine. Après ses mots, les portes des maisons s'ouvrirent, et les habitants sortirent féliciter leurs sauveurs. Quelques minutes passèrent, les villageois criaient leur enthousiasme, alors que le Roi s'approchait des Héros. "- Merci à vous. Je l'avoue, j'ai eu peur de mourir... Si vous n'étiez pas là, que deviendrions-nous ?" Il se retourna vers la population, souriant "En cette nuit, nous devons encore remercier ces deux jeunes Héros qui..." Alors que les paroles du roi captivaient la foule, Erzebeth rêvassait, les yeux rivés sur un mur de l'église. Elle resta quelques temps comme cela, jusqu'à qu'Azazel la pousse du coude, la faisant revenir sur Terre. Erzebeth sourit puis tourna une fois de plus sa tête vers le mur calciné. Cette fois-ci, elle vit une dalle de pierre au pied de l'ancien mur de bois. Cette pierre fut l'objet de plusieurs réflexions. Une de ces dernières resta dans les pensées de la jeune fille. Pourquoi déposer une dalle de cette taille alors que la bâtisse était construite en bois ? Elle décida d'aller jeter un coup d'oeil, mais n'avait pas envie d'y aller seule. Elle prit donc la parole : "- Cher roi, je suis désolée de vous interrompre, mais nous devons aller voir à l'interieur pour vérifier que tout va bien." Azazel sursauta : "- Mais je n'ai aucune envie de..." Il fut interrompu par la douce main d'Erzebeth qui se posa sur son épaule. Elle le regarda un moment puis se décida à partir. "- Nous... DEVONS aller voir comment cela se passe là-dedans." Azazel, surpris, ne dit mot. Erzebeth prit le bras de son partenaire et se dirigea d'un pas rapide vers l'objet de sa curiosité. Une fois arrivés, elle montra du doigt la plaque de pierre : "- Je voulais te montrer ça. Je pense que ce n'est pas naturel qu'elle se trouve ici. - Vous avez peut-être raison, chère Regard de Lynx, mais que voulez-vous que j'y fasse !" Il donna un furieux coup de pied dans la dalle, ce qui la fit légèrement bouger. Erzebeth mit un genoux à terre, poussant la dalle, encore plus curieuse. "- Je t'avais dis qu'il y avait quelque chose d'anormal" Azazel grimaça. La jeune fille continua de pousser, regardant Azazel pour qu'il l'aide. Il se mit à genoux pour pousser avec elle. Quelques instants plus tard, ils découvrirent une sorte d'escalier en pierre, menant à une pièce totalement noire. Erzebeth se leva, époussetant sa robe : "- Je vais y aller." Elle s'apprêtait à descendre quand elle cru voir bouger quelque chose. Des yeux jaunes la fixaient, puis s'en allèrent, accompagnés d'un ricanement nasillard. Elle tourna la tête vers son compagnon : "- Tu as vu ça ? - Oui... Nous devrions en effet aller voir ce qu'il se passe. Ca ne m'a pas l'air bon tout ça. - Tu as raison. - Les dames d'abord" Azazel sourit, laissant le chemin libre à Erzebeth. Cette dernière lui lança un regard désapointé, puis se mit à descendre les marches. Ses yeux s'habituèrent très vite à l'obscurité. Tout en descendant elle observait les murs, froids et lugubres, une odeur forte de chair en putréfaction règnait dans cet espèce de long couloir. Elle se retourna pour vérifier qu'Azazel la suivait, cet endroit lui donnait la chair de poule. Des ricanement étouffés parvinrent à ses oreilles, elle se mit à dévaler l'escalier de plus en plus vite. Enfin arrivée en bas, elle scruta l'obscurité. Elle ne vit rien de spécial à part un long couloir en face. "- Je crois qu'il y a quelqu'un là-bas, il faut absolument aller voir !" Azazel attrapa le bras d'Erzebeth "- Doucement, nous ne sommes pas sûrs de ce qui se trouve en face, prenons garde. Dorénavant veuillez, gente damoiselle, ne plus crier et avancer à pas feutrés." La jeune fille poussa le bras d'Azazel, lui lançant un regard haineux. Elle avança en direction du couloir, puis le traversa d'une traite. Azazel regardait ses cheveux bouger au rythme de ses pas, il savait très bien qu'ils étaient d'une douceur inégalable. Le silence qui s'était installé entre les deux jeunes gens le rendait mal à l'aise. Ils pénétrèrent dans une immense salle voutée, ornée de torches de diverses tailles. Juste après celle-ci, se trouvait une autre salle, un peu moins grande, mais une énorme porte se posait le mur du fond. Intrigué, Azazel passa devant Erzebeth, la frôlant. Il se dirigea vers la porte, puis arrivé devant, la regarda avec intêret. "- Qui a pu bâtir ceci a ton avis, l'expert en salles lugubres ? - Je ne sais pas... C'est une porte grossière, n'importe quelle créature avec un peu de jugeote aurait pu construire ça. - Ca nous avance... On peut s'attendre à quelconques bêtes immondes derrière cette porte à ce que j'ai compris... - Exact." Azazel colla son oreille à la porte, faisant signe à sa partenaire de se taire. Erzebeth lui tira la langue, les bras croisés sur sa poitrine. Après quelques minutes, il s'adressa à Erzebeth, qui avait son air boudeur qui lui allait à ravir. Il secoua la tête pour chasser ses pensées : "- Il n'y a pas l'air d'avoir de dangers, nous pouvons y aller." Erzebeth prit l'initiative d'ouvrir cette satanée porte. Celle-ci s'ouvrit avec un grincement insupportable, qui résonna dans les moindres recoins de la cave. Ils se regardèrent, puis traversèrent côte-à-côte la pièce. A peine étaient-ils arrivés au centre que des ricanements se firent entendre de toute part de la pièce. Des paires d'yeux jaunes et globuleux apparurent tout autour d'eux, toujours accompagnés de ces horribles ricanements nasillards. Erzebeth recula d'un pas : "- Des gobelins..." Azazel hocha la tête. En un instant, les créatures sortirent de leurs cachettes et se jettèrent sur les deux jeunes gens, armés de haches, d'épées et de massues. Erzebeth se mit dos à son compagnon, attendant un signal de sa part. Azazel murmura quelques mots puis une dizaine de boules de feu sortirent de nulle part pour aller percuter de plein fouet les gobelins en face de lui. La jeune fille l'imita, un peu plus maladroite. Une furieuse bataille s'engagea, les cris des gobelins bléssés perturbèrent les deux Héros. En quelques instants, toutes les horribles créatures furent décimées. Les cadavres fumants dégageaient une odeur écoeurante. Quelques gobelins agonisaient encore, leurs mains saisient de spasmes autour de leurs armes. Désormais, on n'entendait plus un bruit. Les deux jeunes gens se reposèrent, appuyés l'un contre l'autre, dos à dos, éssouflés. Erzebeth regardant le fond de la pièce. Un vieux rideau rouge sombre, parcemés de trous était accroché à une tringle rouillée. On pouvait apercevoir une lueur venant de dessous. Erzebeth tapota l'épaule d'Azazel, avant d'aller voir ce qui se cachait derrière ce bout de tissu. Elle dégagea doucement le voile, découvrant un socle, entouré de dizaines de bougies. Sur le socle ce trouvait un livre épais, à l'aspect vieillot. Devant le piedestal, un pentagramme était gravé au sol. Cet endroit servait sûrement de lieu d'incantation. Erzebeth entendit la voix d'Azazel derrière elle : "- Une secte devait sûrement se cacher sous cette ノglise. Quelle couverture plus fiable qu'un bâtiment religieux ? - Je suppose que tu as raison... Jettons un coup d'oeil à ce livre, il m'a l'air en tout cas très ancien", Elle approcha la main du livre, mais celle d'Azazel l'arrêta "Je vais le faire". Un sourire chaleureux était visible sur son visage. La demoiselle s'écarta sans un mot, laissant à son compagnon l'opportunité d'ouvrir le livre. Azazel l'ouvrit délicatement. Un nuage de poussière s'éleva, le faisant tousser. Il feuilleta nerveusement quelques pages, s'attardant sur les dessins. Il essaya avec insistance de déchiffrer l'étrange langage qui était inscrit. Il soupira, n'arrivant à rien. Erzebeth le regarda : "- Qu'est ce qu'il se passe ? - Ce... Il est... Je ne peux pas déchiffrer ce qui est écrit, je suis désolé." Erzebeth sourit : "- Ce n'est rien, laisse moi voir" Elle prit sa place, reprenant le livre au début. "Ce sont des runes, assez anciennes, je dois dire. Cela m'étonnerais que ce soit les gobelins qui aient écrit ceci. Ces runes sont transmises par des générations de Nécromans. - Comment cela se fait-il que vous les connaissiez ?" Erzebeth ignora la question posée. "- Attends une minute... Il y a des passages écris normalement, d'autres en elfique, et en runes naines, puis en runes démoniaques." Elle prit quelques instants pour lire des passages de-ci de-là. Elle narra un passage "'Alors que les nuages pleureront le sang des Hommes, les créatures savoureront leur victoire auprès de leur Maître'...", Un rire nerveux s'échappa de sa bouche ", C'est très chaotique. - Nous ne craignons rien s'il ne s'agit que d'Humains - Il est vrai... Je ne pense pas que les Gobelins aient tout compris à ce grimoire. Il parle effectivement de l'extermination des Humains, mais avec l'aide des Démons, et tout le monde sait que les Démons ne portent pas les Gobelins dans leur coeur. - C'est exact." Erzebeth continua à lire, jusqu'à sursauter : "- Cette espèce de secte est dirigé par un puissant Nécromancien. A ce que j'ai pu lire, il habite sur les hauteurs du plateau d'Enirok, assez loin comme tu peux le voir." Elle tourna quelques pages poussièreuses, puis tomba sur ce qu'elle cherchait "Voici une carte qui indique comment s'y rendre. On pourrait faire nos bagages ce soir et... - Erzebeth... Attendez, nous devons savoir si cela vaut vraiment le coup avant de risquer nos vies. Ce Nécroman ne nous attend sûrement pas les bras ouverts. Nous ferions mieux d'y réfléchir à deux fois. - Je veux aller voir cet homme. Je prend des risques je le sais très bien, mais je t'en prie, accompagne moi..." Azazel soupira : - C'est d'accord... Mais vous devez bien vous équiper, et vous proteger. Pendant ce temps, j'alerterais le village. Nous pourrions partir demain dans l'après-midi. - Alerter le village ? Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Il vaut mieux boucher cette entrée, et n'en parler à personne. Ce serait mieux, je n'aime pas être traitée en Héros, tu le sais bien Azazel..." Il hocha la tête : - Bien. Remontons maintenant, je vais vous trouver de quoi vous équiper. - Je prend le grimoire avec moi, je l'étudierais en attendant ton retour." Erzebeth prit le bouquin contre elle, puis s'en alla vers la sortie. Azazel la rattrapa rapidement, lui prenant le bras. La jeune fille resta stoïque. Le silence était à nouveau à l'ordre. Un silence lourd et génant. Ils grimpèrent l'escalier ensemble, regardants droit devant eux. L'air frais de la nuit leur parvint. Ils en prirent une goulée : Enfin dehors. Azazel lâcha la douce main d'Erzebeth, puis se tourna vers l'entrée de la crypte. Erzebeth soupira, soulagée : "- Adieu, trou puant et horriblement froid." Azazel sourit, attendri. "Je vais allez lire ce grimoire, quand tu auras fais tes affaires, toque à ma porte, je t'ouvrirais... - Bien... Bonne lecture, vous me direz si vous avez de nouvelles informations capitales." Erzebeth partit en courant vers la Taverne. Sur le chemin elle croisa Roger, qui semblait inquiet. Elle lui sourit et monta rapidement dans sa chambre.
|
|
|
Chapitre 6 : La Cérémonie.
Erzebeth somnolait dans son petit
lit, quant elle entendit des bruits de pas devant sa porte. Elle sortit
de sa torpeur, puis elle s'assit. Elle entendit la poignée de sa porte
tourner, la jeune fille saisit alors sa dague, toujours placée près
d'elle en cas de danger. La porte s'entrouvrit doucement dans un léger
grincement. Dans la pénombre elle distingua une silhouette élancée.
C'est alors qu'elle entendit une voix familière prononcer son nom. "-
Azazel, c'est toi ? Qu'est ce que tu viens faire ici ?" Azazel pénétra
dans la chambre, s'approchant du lit d'Erzebeth. Il lui fit un signe
pour lui faire comprendre qu'il désirait s'allonger à ses côtés.
Erzebeth se poussa doucement sur le côté, laissant la place libre. Le
bel homme ôta sa chemise, puis s'installa près d'Erzebeth. Il l'enlaça
et lui sussura à l'oreille : "- Je ne cesse de penser à vous, je ne peux vivre sans voir votre visage si doux, si indispensable à mes yeux." La jeune fille sentit couler une larme le long de sa joue, laquelle fut essuyée délicatement et tendrement par Azazel. "-
Vous êtes si belle... Je ne peux plus résister un seul instant.
Permettez-moi de déposer un doux baiser sur vos si charmantes lèvres... - Nul pensée ne pourrait me paraitre plus exquise, je t'en prie..." Elle ferma alors les yeux, et tendit ses lèvres vers son nouvel amour... C'est alors que des coups sourds retentirent. Erzebeth sursauta, encore troublée. "- Erzebeth ! Lèves-toi, la fête va commencer !" La
voix puissante de Roger la tira de force de son rêve. Elle regarda à
ses côtés, s'apercevant amèrement qu'elle était seule. Roger recommença
son tintamarre "- Erzebeth, debout enfin ! Tu vas être en retard !" La jeune fille sortit complètement de sa torpeur, se leva et répondit à son patron : "- Oui, oui, je suis réveillée... Je me prépare et j'arrive. - Non ! Ouvres moi la porte, j'ai une surprise pour toi." Erzebeth
s'habilla d'une légère nuisette, et ouvrit la porte. Roger l'attendait
avec un mystérieux paquet entre ses mains. La jeune fille se demandait
ce que cela pouvait être. Le tavernier lui tendit en souriant "- Ouvres le, c'est un cadeau de ma part pour la fête de ce soir." Erzebeth, intriguée, ouvra lentement le paquet de papier et y découvrit une belle robe en soie noire. Roger sourit : "-
Avec cette robe, tu serais certainement la plus belle de toute la fête.
Non que je doute de ta beauté ! Mais la Taverne du Dragon Noir à une
réputation à tenir, je ne voudrais pas entendre dire que je m'occupe
mal de mes employés. - Elle est magnifique, c'est beaucoup trop pour moi. Je ne peux pas accepter ! - Tais toi donc et enfile cette robe, ce beau garçon n'attend que toi !" Erzebeth
rougit, et marmonna "Merci Roger". Le tavernier reparti au bar. La
jeune fille resta quelques temps à contempler la robe,qui lui remémora
sa période à la Maison Close. Erzebeth mit la robe devant elle, se
regardant dans le miroir. Elle lui allait à ravir, mieux que les belles
étoffes de son ancienne Maison. Elle ôta sa nuisette, et commença à se
préparer pour descendre. Une demi heure plus tard, elle finissait de se
coiffer. Elle entendait déjà la fanfare sonner les premières notes.
Erzebeth se hâta de finir ses préparatifs, et descendit les escaliers.
En franchissant la porte de la Taverne, elle put apercevoir les
magnifiques décorations dans le village. Toutes les maisons étaient
ornées de drapeaux portantq le blason du village. Quelques banderoles
flottaient au vent. Un tapis rouge montait de la fontaine jusqu'au
château. Dans son enchantement, elle n'avait pas aperçut le carosse
posté devant la Taverne. Roger la héla du poste de conduite : "- Dépêches toi de grimper princesse ! On va être en retard pour la cérémonie." Erzebeth
n'en cru pas ses yeux et s'exécuta sans un mot. A peine installée,
Roger fouetta les chevaux qui partir calmement en direction du château.
Tout en traversant le village, elle aperçut par la fenêtre les
habitants qui la saluaient gaiement. La jeune fille nageait dans le
bonheur, jamais elle n'avait été traitée de la sorte. Quand finalement
le carosse stoppa, un laquet lui ouvrit la porte mais au moment de
sortir elle s'arrêta net. En effet, ce n'était pas moins qu'Azazel qui
lui tendait la main pour l'aider à descendre du carosse. Il était
habillé dans un beau costume noir, arborant fièrement une queue de
cheval, qui laissait apparaitre ses yeux si difficile à distinguer en
temps normal. "- Si vous permettez, mademoiselle" Erzebeth
sourit et lui prit la main. C'est ainsi qu'ils gravirent les marches du
château, main dans la main. En haut, le roi les attendait pour la
cérémonie. Les trompettes se mirent à entonner quelques notes et le roi
prit la parole : "- Habitants de Virgoth ! Nous sommes tous réunis
aujourd'hui pour acclamer nos deux Héros ! Vous n'êtes pas sans savoir
qu'ils ont déjà sauver plusieurs fois notre village de ces maudits Orcs
! Ils vont continuer à protéger nos murs jusqu'à ce que toute menace
soit chassée." Les masses se mirent à rugir. Un tonerre
d'applaudissements se fit entendre. Le roi fit un signe en direction de
la fanfare, laquelle se mit à jouer bruyamment. Les gens se mirent à
danser tout autour du château, les plus audacieux venant saluer nos
deux Héros. Roger s'approcha d'Erzebeth, puis lui prit la main : "- M'accordes-tu cette danse, belle enfant ?" Erzebeth n'eu pas le temps de répondre, qu'elle était déjà entrainée dans une valse. Azazel attrapa Roger par l'épaule : "- Excuses moi, mais il me semble que c'est à moi d'ouvrir le bal." Roger lui céda la place avec une révérence : "- Fort bien, beau prince ! La demoiselle est à toi. Amusez vous bien les enfants !" Azazel
prit la taille de la jeune fille entre ses mains, commençant à danser.
Pas un mot ne sortit de leurs bouches. A la fin de la danse, ils se
saluèrent dans une élégante révérence. Roger prit Azazel par le bras : "- Je sais ce qu'il te manque ! Viens donc au banquet avec moi, on va aller boire un coup. - Mais je ne peux pas laisser Erzebeth toute seule au milieu de cette foule ! -
Ne t'inquiètes pas pour elle, elle est déjà en train de parler avec les
villageoises. Ah, les femmes ! Il faudrait que je te présente la mienne
un jour..." Azazel interloqué, suivit Roger jusqu'au banquet. Le tavernier prit deux énormes chopes remplies à ras bord de Rhum : "- A la santé du Héros !" Il bu sa chope cul sec. Azazel tenta de l'imiter, mais s'arrêta à mis chemin en toussant. Roger se mit à rire : "- Ah, ça change de l'hydromel hein ?" Azazel,
vexé, fini sa chope et alla s'emparer d'une autre aussi pleine que la
première et la bu cul sec cette fois-ci. Roger le regarda, manquant de
s'étouffer de rire : "- C'est bien tu es un homme maintenant ! On ne va pa s'arrêter en si bon chemin, on en prend une troisième !" Pendant ce temps, les villageoises étaient en extase devant la robe d'Erzebeth : "- Comme elle est belle, tu as de la chance ! - Elle est si douce, qu'est-ce donc comme étoffe ? - Le noir vous va si bien ! C'est tellement rare ! - Je n'avais jamais vu si belle jeune femme !" Erzebeth
ne savait plus quoi dire ni où se mettre. Ces gens étaient si gentils !
Jamais elle n'avait connu cela. Azazel débarqua de nul part, tenant
Roger par l'épaule, completement ivre : "- Bien sûr qu'elle est belle ! C'est Erzebeth, l'Héroïne du village ! - Et elle travaille pour moi au Dragon Noir !" Puis
ils s'écroulèrent ivres morts, en riant. Erzebeth fut choquée, mais
voyant que les villageoises riaient, elle se mit à rire légèrement.
Roger et Azazel se relevèrent difficilement et retournèrent en titubant
au banquet où de nouvelles chopes les attendaient. Les festivitées
battaient leur plein, quand le roi prit la parole : "- Mes amis,il
est maintenant temps de clore notre fête et de passer au grand final !
Le bûcher Orc ! Si vous voulez bien tous saisir vos torches et vous
diriger vers le cimetière, nous allons brûler le charnier !" Tous
les villageois meuglèrent et la troupe se déplaça vers le cimetière.
Dans un roulement de tambour, chacun empoigna sa torche, et le charnier
fut enflammé. Une odeur putride de chairs brûlées se dégagea du tas de
cadavres. Ce qui n'empêchait pas les villageois d'hurler leur joie. Des
heures plus tard, le feu avait finit par s'éteindre, n'ayant plus rien
à flamber. Tout les habitants regagnèrent leurs logis, peu avant la
tombée de la nuit.
|
|
|
Chapitre 5 : L'invasion.
Après le rendez-vous au cimetière, Erzebeth se
rendit à la Taverne, peinée. La déception l'avait assaillit. Azazel
n'avait dit mot. Elle pensait qu'il serait content de la revoir, comme
elle l'était. Erzebeth secoua la tête, honteuse de ses pensées. Roger
la regardait, pendant qu'elle nettoyait pour la troisième fois la table
où Azazel avait pris son repas. Elle soupira encore.
"- Alors ma belle, tu t'es épris du Héros ?"
Erzebeth sursauta, se tournant vers son patron :
"- Non ! Pas du tout, je ne le connais pas."
Roger sourit, accoudé au bar.
"- Je vous ai vu dans le cimetière. A mon humble avis, tu ne le laisses
pas indifférent. Seulement, son armure est dure à percée."
La jeune fille jeta son chiffon sur la table, puis regarda Roger :
"- Je vais me coucher. Bonne nuit..."
Le tavernier posa sa main sur son épaule :
"- Ne t'en fais pas belle enfant. Passe une bonne nuit."
Erzebeth parti vers l'escalier, prenant son capuchon posé sur la
première marche avant de monter. Arrivée en haut, elle regarda la porte
de la chambre d'Azazel, hésitant à pénétrer pour lui tenir compagnie.
Elle se résigna, détournant la tête. Elle ouvrit la porte de sa chambre
sombre puis y entra. La jeune fille se posa en face de la fenêtre, sur
son lit, regardant mélancoliquement les étoiles en soupirant
"Azazel...". Elle enleva ses vêtements puis se glissa sous sa
couverture. Le sommeil ne tarda pas à prendre la belle jeune fille.
Erzebeth se réveilla lentement, avant de se rendre
compte de son retard. Elle se précipita dans sa bassine pour se laver.
L'eau était glacée, mais la jeune fille se frotta énergiquement malgré
tout. Elle prit sa serviette, s'essuya et attrapa sa tenue de serveuse.
La belle enfant s'habilla et dévala l'escalier pour prendre sa place en
cuisine. Sur le chemin, elle croisa Roger, qui lui fit un sourire comme
à son habitude. Le tavernier lui donna la liste des repas de la
matinée. Erzebeth se mit au travail, gênée par un bruit venant de
dehors, elle passa sa tête par la fenêtre. Le bruit venait du château.
Sur les remparts de ce dernier, elle vit quelque chose qui escaladait
les murs. La jeune fille eu un sursaut quand elle reconnu ces créatures
: des Orcs. Erzebeth jeta son tablier et traversa la taverne puis la
ville en courant. Arrivée aux portes du château, elle se fit dicrète,
regardant comment elle pouvait entrer dans le batiment sans se faire
repérer par ces sales Orcs. Erzebeth repéra une fenêtre non gardée,
elle s'en approcha et y pénétra. Elle fut choquée par le calme qui
reignait, découvrant des cadavres de soldats et de serviteurs éventrés,
torturés, éviscérés. Du sang tapissait les murs autant que le sol,
recouvrant les blasons de la ville. Le calme fut interrompu par des
cris d'agonies et des bruits de combats. D'un pas vif, elle se dirigea
vers la source de ce vacarme. La jeune fille gravit l'escalier et se
trouva face à face avec un énorme orc, armé d'une hache à deux mains,
couverte de sang. A ses pieds, trois hommes agonisaient, la gorge
tranchée. L'Orc grogna, brandissant sa hache au dessus de son casque,
puis commença à charger en direction d'Erzebeth. Celle-ci eu le réflexe
d'attraper sa dague, qu'elle planta dans l'oeil de son adversaire.
L'Orc recula, s'écroulant en arrière, sa hache dressée perfora son dos,
ressortant de sa poitrine, dans une éclaboussure de sang. Erzebeth n'eu
pas le temps de souffler, qu'un énorme boucan se fit entendre, venant
de la salle du trône. Elle s'y rendit en vitesse, passant entre les
portes déchiquetées, avant de stopper net. Erzebeth aperçut Azazel et
un homme âgé se battre contre des trombes d'Orcs. Les deux hommes
essayaient de protéger la salle derrière le trône. Les Orcs s'en
approchaient dangereusement. La jeune fille poussa un cri aigü, voulant
dans ce geste attirer l'attention de la troupe. Beaucoup d'Orcs
tournèrent la tête vers elle, chargeant comme des bêtes. Erzebeth vit
une boule de feu percuter l'énorme lustre qui tomba sur la Horde Orc
dans un vacarme insoutenable. Elle saisit une masse d'arme dans les
mains d'un Orc mort, puis se précipita vers le groupe restant. Elle
jeta son arme sur le premier ennemi venu, lui arrachant la machoire au
passage. Le reste de l'armée, prise entre deux feux, fut rapidement
évincée. Erzebeth se laissa tomber contre un mur, essoufflée, tandis
qu'Azazel et le vieillard épuisés s'écroulèrent sur le sol. C'est alors
que le roi sorti d'une tenture à moitié brûlée :
"- Quel combat ! A vous trois, vous vallez bien plus que dix de mes
hommes ! Vous avez sauvé mes biens les plus précieux, vous méritez une
récompense ! Que pensez-vous d'une soirée festive ?"
Les trois combattants se regardèrent, hébêtés. Le roi poursuivit :
"- Je vais de ce pas organiser une somptueuse cérémonie en votre honneur."
Erzebeth se leva, tronquant :
"- Attendez Sir ! Sauf votre respect, vous ne pensez pas que l'on mérite plus qu'une banale petite sauterie ?
- Certes, certes... Vous passerez donc tout les trois une nuit dans les plus belles chambres du château !"
Le vieil homme se remit debout, se dirigeant vers le roi :
"- Messire, ce jeune homme ici présent a déjà sauvé plusieurs fois le
village d'invasions Orcs. Il a terrassé Xur dans la Taverne de Roger
l'autre matin, puis il est parti tuer le dernier chef Orc dans leur
camp, et maintenant il a risqué sa vie pour vous maintenir en vie ! Je
pense aussi qu'il mérite bien plus qu'une simple fête."
Le roi se gratta la barbe, réfléchissant pendant de longues minutes. Il prit finalement la parole :
"- Tu as raison Elmar, ta position de mage le plus puissant de la
vallée m'oblige à céder à tes avances. Je vais donc te demander de les
inscrire tout les deux sur le registre des Héros. Pendant ce temps, je
vais remplir deux bourses de mille pièces d'or, pour remercier ces
jeunes gens de leur bravoure exceptionelle. Je vais immédiatement
envoyer un ménestrel en ville pour conter vos exploits et annoncer la
cérémonie. Maintenant, veuillez prendre congé. J'ai du travail qui
m'attend. A ce soir !"
Sur ces mots, le roi parti précipitamment dans la pièce du fond. Les
trois personnages sortirent du château, puis se dirigèrent vers la
Guilde, sans un mot. A l'intérieur, Elmar saisit son registre,
s'installa confortablement dans le fauteuil puis s'adressa à la jeune
fille :
"- Quel est ton nom jeune fille, que je t'inscrive dans le registre des Héros, tout comme ton compagnon.
- Pardonnez-moi mais, à quoi sert ce registre ?
- J'y consigne tout vos haut-faits, pour que les générations futures
puissent se souvenir de tout ce qui s'est produit dans ce village, et
des noms des plus grands Héros.
- Combien de Héros sont inscrits dans ce registre ?
- A part vous deux, depuis que je tiens ce registre, il n'y a ... Euh ... Personne."
Elmar poussa un petit rire rauque, et réitéra sa question :
"- Et bien, comment t'apelles-tu ?
- Erzebeth." Répondit sèchement la jeune fille. "Et je n'aime pas que l'on m'espionne."
Le vieil homme pouffa, écrivant son nom dans le registre, puis il tendit les deux bourses aux jeunes gens.
"- Comme promis, voici votre dû. Faites-en bonne usage, n'enrichissez
pas trop Roger, il pourrait devenir ambitieux, je le connais bien.",
Elmar ricana encore. "Bien, alors, à ce soir à la fête !"
Azazel et Erzebeth partirent en direction de la Taverne. En chemin, Azazel prit la parole :
"- Si vous le désirez, je peux vous offrir un verre.
- Avec plaisir, ce combat m'a épuisée."
Azazel esquissa un sourire qu'Erzebeth aperçu, elle lui répondit par un
petit rictus timide. Arrivés à la Taverne, Roger les accueillit à bras
ouverts :
"- Dans mes bras, mes Héros !"
Erzebeth regarda Roger
"- Calme toi Roger, ce n'était rien.
- Tu plaisantes ma belle, vas voir le charnier au cimetière et reviens me dire ça ensuite !"
Azazel coupa la parole à Roger :
"- Ce n'est pas quelques petits Orcs qui vont nous faire peur" dit-il
en prenant Erzebeth par la taille "Amènes-nous ta meilleure cuvée !" Il
emmena Erzebeth à la table la plus propre de la Taverne. Azazel ne
sachant que dire, resta muet. La jeune fille en fit autant. Roger
interrompu leurs pensées
"- Une chopine pour les amoureux !"
Les deux Héros rougirent, n'osant plus se regarder. Roger poursuivit :
"- Erzebeth, tu es libre pour aujourd'hui. Ma femme va s'occuper de ton
travail, et ma fille fera le service. Allez vous reposer, je m'occupe
de tout !" Il murmura dans l'oreille de la jeune fille "J'ai préparé un
grand lit pour vous dans sa chambre" Roger lui fit un clin d'oeil avant
de retourner derrière le bar.
Les deux jeunes gens buvèrent leurs chopines et montèrent à l'étage
pour se reposer. Erzebeth accompagna Azazel jusqu'à sa chambre, quand
il ouvrit la porte, il fut surpris en voyant un grand lit. Il se
retourna vivement vers Erzebeth :
"- Qu'est ce que ça veut dire ?! Pourquoi mon lit à il été remplacé par ce grotesque objet ?"
La jeune demoiselle resta choquée devant la réaction d'Azazel, ne sachant que dire. Il continua :
"- Vous organisiez tout ça depuis le début ! Je n'accepterais pas que
vous dormiez encore une fois à mes côtés, c'en est assez !"
Le bel homme claqua la porte au nez d'Erzebeth, glacée. Azazel
s'installa calmement dans le grand lit, se demandant pourquoi il lui
fallait repousser celle qui hantait ses pensées chaque jour. Erzebeth
resta quelques instants devant sa porte, perturbée. Elle couru vers sa
chambre, ouvrit brusquement la porte et la ferma avec colère et
désaroi. Elle s'effondra sur son lit, retenant ses cris de tristesse,
laissant par ailleurs ses larmes couler à flots, maudissant le jour où
elle avait rencontré cet homme.
|
|
|
Chapitre 4 : Un Nouveau Héros
La nuit était finalement tombée dans la vallée.
Azazel enjamba le pont et pénétra le village endormi. se dirigeant vers
la Guilde pour rapporter la tête du grand chef Orc au vieillard. La
seule lumière émanait de la Taverne, animée comme toujours. Il entra
dans la Guilde. Le vieillard était ébahi, son nouveau héros arborait la
tête du défunt chef Orc à sa ceinture.
"- Félicitation, Héros Azazel ! Nous sommes enfin débarassé de ces
maudits Orcs ! Je dois avouer que je ne vous attendait pas. Vous êtes
un guerrier exceptionnel."
Azazel ne souffla mot et tendit son trophé au vieil homme. Celui-ci s'empressa de le prendre pour le contempler.
"- Je l'accrocherais au mur dès demain."
Il griffona quelques mots dans le registre et se rassis dans son fauteuil après avoir remis une bûche dans la cheminée.
"- Je suppose que vous devez être fatigué. Roger à des chambres libres
dans son établissement. Il sera très heureux de vous revoir, il est au
courant de votre noble quête. A propos, voici votre récompense."
Le vieillard tendit une bourse remplie de pièce d'or au nouveau héros.
Azazel prit congé, puis se dirigea vers la Taverne pour boire une
chopine. A peine entré dans le Dragon Noir, Roger l'accueillit dans une
effusion de joie :
"- Tu es de retour ! La nouvelle s'est répandue, tu es le nouveau héros de Virgoth
- J'ai faim et j'ai soif, répondit simplement Azazel, en allant s'assoir à une table vide.
- Aucun problème, je te ferais apporter de quoi te rassasier."
Roger brailla en direction de ce qui semblait être la cuisine et se
remis à discuter au bar avec les habitués. Azazel était mal à l'aise,
tout les clients le regardaient et il savait que tout le monde dans le
village ne parlait que de lui et de son exploit du jour, ce qui ne le
rendait pas très joyeux. Il ne voulait pas être un héros.
"- Votre plat monsieur"
Une voix féminine le fit sortir de ses pensées, un plat fort garni
ainsi qu'une chope d'hydromel furent déposés sur sa table par des mains
fines, gracieuses et délicates, aussi blanches que de la neige. Il leva
alors le regard vers la serveuse. Quelle surprise ! C'était Erzebeth !
Mais que faisait-elle ici ? Il n'eu pas le temps de poser aucune
question que celle ci était déjà reparti en cuisine... Il resta pensif
quelques instants, mais l'appétit revenait à l'assaut. Il dévora
littéralement son repas. Il alla ensuite parler à Roger :
"- Le vieil homme de la Guilde m'a dit que tu possèdes quelques chambres. J'aimerais bien dormir ici cette nuit.
- Fort bien, Héros. Il t'en coûtera 3 pièces d'or, je t'offre le repas pour ce que tu as fais ce matin."
Roger conduisit Azazel vers sa chambre. Elle était petite et vetuste,
ne contenant que le strict minimum, c'est à dire un lit et une bassine.
Azazel remercia Roger puis s'allongea dans le lit, après s'être dévêtu .
La nuit était chaude, il n'arrivait pas à trouver le
sommeil. Il décida d'ouvrir la fenêtre pour profter de cette faible
brise. Il s'y accorda quelques instants en regardant la Lune... Les
minutes passaient doucement. Le silence fut interrompu par une voix de
femme venant du bas de sa fenêtre :
"- Rejoins moi au cimetieère, je t'y attend.
- Comment ? Qui est là ? Montrez-vous !"
- Tu me verras au cimetière, depêche toi."
Azazel resta pensif, ne sachant pas s'il devait y aller. Finalement, il
s'habilla et sorti de l'auberge. Malgré la pleine Lune, le cimetière
était sombre. On n'y distinguait que des ombres. Apparement, il n'y
aurait personne ici. Il s'assit alors sur une tombe. Une voix surgit
derrière lui :
"- Azazel..."
Il se retourna, il reconnu immédiatement Erzebeth. Il n'y avait pas
deux femmes avec un teint si blanc. Erzebeth passa ses bras autour du
cou d'Azazel, et s'appuya sur son dos.
"- Excuses moi, je n'aurais pas du te gifler, je regrette mon geste..."
Azazel ne dit mot. " S'il te plaît dis quelques chose..."
Azazel lui tendit son capuchon. La jeune fille dessera alors son étreinte , surprise.
"- Tu l'as conservé ? Merci beaucoup, il me manquait énormément. Tu ne peux pas imaginer combien il est important pour moi."
Le bel homme resta silencieux, puis il se leva et pris la direction de
l'auberge. Arrivé à l'entrée du cimetière, il se retourna et dit
simplement :
"- C'est tout naturel" Puis après quelques instants passés à contempler
Erzebeth "Je vais aller dormir maintenant, bonne nuit Erzebeth.
- Bonne nuit..." Elle poussa un soupir, regardant Azazel s'éloigner.
|
|
|
[page précédente]
|